Roulette quantique

La relativement récente théorie des cordes permet des théories innovatrices telles que la présence de nombreuses dimensions supplémentaires dans les niveaux infinitésimaux de la matière ou encore l’idée des univers multiples.

La théorie du multivers offrent de nouvelles perspectives, tant scientifiques que philosophiques. Utilisée principalement en science-fiction, il permet une élégante explication à l’incertitude quantique (que les physiciens qui me lisent pardonnent mon amateurisme en la matière).

En effet, il est impossible, en physique quantique, de connaitre à la fois la position et la vitesse d’une particule, il y a donc une incertitude permanente à la fois spatiale et temporelle (pour faire plus compliqué, en physique quantique, tout est fonctions d’onde (amplitudes de probabilité), et celles-ci peuvent se trouver dans des états superposés, donc par exemple dans deux lieux différents à la fois, etc…). Un exemple simple est la désintégration nucléaire: de atomes instables (tel l’isotope radioactif de l’uranium auront tendance à perdre des électrons pour se stabiliser, ses électrons libres sont appelés des rayonnements radioactifs (pour parler simplement). On peut alors définir la demi-vie (ou période radioactive), déterminant la période de temps nécessaire à l’atome radioactive pour voir son activité désintégrative réduite de moitié. Ainsi au bout de deux de ces périodes, la radioactivité est diminuée de 75%. Tout ceci n’est cependant que probabilité (suivant une loi de Poisson) car il est impossible de prévoir une désintégration.

Suit alors une expérience de pensée de physique quantique célébrissime, que je vais tout de même retranscrire ici par souci d’exhaustivité: celle du chat de Shrödinger. Soit une boite, possédant un dispositif expérimental comprenant un conteneur avec un isotope radioactif, un compteur Geiger capable de détecter les désintégrations de cet isotope et activant (si une seule de ces désintégrations de produit) un marteau qui brisera alors une fiole de poison sous forme gazeuse. Si nous plaçons un chat dans cette boite et que nous fermons le tout de telle façon qu’il est impossible de connaitre l’état du système par observation, alors nous pouvons conclure à un état quantique du chat: il est à la fois vivant et mort! Il s’agit de la superposition des états possibles. Cependant, la mesure, l’observation, ici l’ouverture de la boite, va faire bifurquer le système vers un état mesuré: ici, un chat vivant ou mort.

Cette expérience possède cependant des lacunes, mais permet d’illustrer ce principe de base de la mécanique quantique, à savoir qu’avant d’être mesuré, un système peut se trouver dans un état quantique, soit plusieurs états superposés, et que la mesure le fera bifurquer dans un état bien distinct.

Dés lors arrive la théorie des univers multiples: étant donné que dans notre exemple, deux états mesurables sont possibles, vivant et mort, alors deux univers vont être issu de la mesure: l’un où le chat sera mort, et l’autre où il sera bien vivant. Ainsi nous pouvons imaginer des univers parallèles très proches du nôtre, ayant bifurqué il y a peu (un univers dans lequel vous ne vous êtes pas réveillé à l’heure, par exemple) et d’autres dont la bifurcation est beaucoup plus ancienne (un univers où les dinosaures existent toujours).

Nous arrivons alors à l’idée (scientifique) de la roulette quantique: Soit deux événements: A et B, chacun ayant une probabilité de se produire. L’événement B est celui que nous souhaitons voir se produire. Si nous fabriquons un dispositif qui commandera notre mort si l’événement A se produit effectivement. Ainsi, en suivant les théories précédentes, nous ne survivrons que dans un univers dans lequel l’événement B se sera produit.

On peut en déduire qu’il s’agirait d’une méthode efficace pour contrôler notre destin, d’autant que ce dispositif peut être appliqué à une civilisation toute entière, nonobstant le fait qu’avec cette méthode, il peut y avoir des milliers de mondes parallèles dans lesquels nous (et éventuellement notre civilisation) sommes morts!

Bien évidemment, de nombreuses autres voies de réflexions restent ouvertes dans ce domaine.

~ par Tyvaneir sur 22 février 2012.

7 Réponses to “Roulette quantique”

  1. * Etant physicien et ayant beaucoup… mangé de celle-ci, je voudrais juste rectifier quelques points de mécanique quantique. Tu écris :
    — « En effet, il est impossible, en physique quantique, de connaitre à la fois la position et la vitesse d’une particule, il y a donc une incertitude permanente à la fois spatiale et temporelle »
    Il serait plus exact de dire qu’il est impossible de connaître la position et la vitesse d’une particule avec des incertitudes nulles. Le produit de leur incertitudes est minoré. Si je cherche à connaître la position de cette particule avec une précision plus grande, je perdrais en précision sur ma vitesse.
    — D’ailleurs, on peut montrer que cela peut aussi s’écrire avec les énergies et les durées de vie. Si on prend un atome excité et qu’on cherche à déterminer le temps qu’il restera à une certaine énergie, le produit des incertitudes sur le temps de vie et l’énergie restera minoré.

    * En outre, concernant le multivers, attention à ne pas confondre avec les mondes parallèles. La théorie d’Everett pour expliquer l’incertitude quantique fait appel au multivers, mais cette théorie n’a jamais été prouvée, tout comme de multiples autres.
    — Avant de continuer, je cite Wikipedia (oui, c’est sale, mais c’est la voie de la facilité!) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_d'Everett
    « Selon lui, la seule source d’anti-hasard possible était l’observateur lui-même, ou plus exactement : sa nature d’observateur qui lui était propre (le résultat qu’il observait le caractérisant lui-même en tant que cet observateur) et ne concernait pas l’univers qui restait parfaitement neutre et comportait toutes les possibilités prévues par la théorie quantique. Les possibilités par lui observées définissaient seules l’observateur, qui ne percevait donc que cet univers-là. »
    — Quand une théorie est formulée, on cherche à l’infirmer ou à la prouver. On regarde d’abord si elle explique les phénomènes qu’on connaissait déjà, si ça marche, on se dit « hum, pourquoi pas… Mais elle me dit quoi d’autre? » Et là, on regarde les nouveaux phénomènes prévus par cette théorie. Lorsque la relativité est apparue, on a vérifié si on retrouvait la mécanique classique pour la limite classique de la théorie (c’est bon!), puis on a vu différentes choses. Les trous noirs. Les déformations de l’espace-temps. Et on a dû faire différentes expériences pour le vérifier. Comme l’explication de l’avance du périhélie de Mercure, qui restait énigmatique, ou la déviation de la lumière des étoiles lorsqu’elle passait au voisinage du Soleil, qui n’avait jamais été imaginée jusque là.
    — Et parfois, des expériences montrent que les choses se passent différemment que la manière dont le prévoit la théorie. Et c’est là que s’arrête le domaine d’applicabilité de la théorie. Toujours pour la relativité, c’est le cas de l’expérience EPR.
    — Le problème est qu’aucune expérience n’a été faite sur des phénomènes prévus par la théorie d’Everett. Est-on en droit de l’utiliser dans ce cas-là? Ce serait un peu dangereux à mon avis. Etant donné le nombre de théories qui émergent à l’heure actuelle, il faut redoubler de prudence quand on choisit une théorie pour expliquer un phénomène. Surtout quand elle mêle réalité et esprit, comme le fait cette théorie, l’esprit étant un domaine où l’expérience et son exploitation (de l’expérience, pas l’exploitation de l’esprit. quoique…) atteint un niveau de complexité très élevé.

    * Maintenant, concernant ce moyen de contrôler son « destin » : tu parles d’un dispositif fondé sur le hasard, l’aléatoire, le fluctuant et le probable pour le contrôler? Ne crois-tu pas qu’au contraire, c’est le meilleur moyen de s’y soumettre? Si A se produit, je meurs. Si B se produit, je vis. Et justement, A s’est produit, je meurs : mon destin n’était-il pas de mourir? B s’est produit, je vis : mon destin n’était-il pas de vivre? Pour continuer à me soumettre à son destin? Si le destin existe, quoiqu’on fasse, on fera ce qui est destiné, sans même s’en rendre compte. Si il n’existe pas, c’est pareil.
    — D’ailleurs, dans la théorie d’Everett, la notion de multivers abolit le destin, puisque tout se produit en même temps.

    * Quant à la notion d’univers parallèles, où cette fois, nous vivons dans un univers bien particulier, mais nous faisons en permanence notre choix entre différents univers. Par exemple, « je vote pour qui? » : cette question donne lieu à la création d’autant d’univers que j’ai de choix. et ça pour tout le monde, et pour toute chose qui fait appel au hasard. bon après nous sommes peut-être déterminés -chimiquement?-, mais c’est un autre volet du débat!

  2. Il est vrai qu’à partir du moment où l’on commence à parler de destin, de « soumission » du hasard, on commence à entrer dans des champs métaphysiques… C’est pour cela qu’il vaut mieux rester dans le domaine de la philosophie, avec des « expériences de pensées » beaucoup plus théorique et qui se basse sur la rationalité et non l’empirisme. En tout cas, merci beaucoup pour ces précisions!

    Concernant la théorie du multivers, derniérement, des chercheurs ont récupéré des données du satellite Planck qui leur permettra d’analyser l’intégralité (aprés nettoyage des émissions parasites des différents corps célestes) du rayonement fossile du big bang. Selon ce qu’ils trouveront, ils pourront tendre vers l’une de ces hypothéses: multivers, notre univers issu d’un « méta-univers », boucle de notre univers (big crunch et « reset » de notre univers) ou… autre chose.

  3. « Autre chose »? Si c’est autre chose, alors on ne saura pas tout de suite interpréter… Et puis si nos théories ne permettent pas de d’expliquer les données reçues… et qu’on est sûr des données… et bien il faudra recommencer à chercher de nouvelles théories! And life goes on!

    Oui, l’équipe anglaise qui cherche à montrer l’existence des multivers fait un travail osé… Mais ils ont encore besoin d’améliorer leurs données et leur traitement. Personnellement, je crains que ça n’aboutisse pas… après tout, je suis peut-être pessimiste!

    • Oui, quand je disais « autre chose », je voulais dire des données qui ne correspondent pas aux prédictions. M’enfin, comme on dit, on n’est jamais aussi prés de la vérité qu’en la cherchant, et c’est en pensant détenir la vérité qu’on a le plus de chance de se tromper!

  4. oui je suis d’accord, excellents arguments à tous les 2, j’aimerais bien dire des choses et même comprendre mais hélas ces théories n’étant absolument pas juridiques, je ne peux qu’ hocher la tête en prenant un air sérieux et en espérant que l’ont ne me demande rien d’expliquer.
    En tout cas si tu veux un article sur l’avenir des actes de gouvernement dans le domaine administratif je suis la.

  5. J’ai conscience que tout ceci est quelque peu pointu, j’essayerais de vulgariser un peu plus mes futurs articles! Rien ne t’empêche, Galway, de faire ton propre blog sur le droit et la politique (je ne pense pas faire d’article dessus car ce n’est absolument pas mon domaine), que je commenterai avec joie!

  6. ça ne risque pas d’arriver, traiter de la politique donnera des débats sans fin auxquels se mêleraient quelques militants qui s’enverraient des jolis noms d’oiseaux. Et le droit ne concernerait que quelques juristes assidus c’est à dire personne. Un blog sur autre chose reste néanmoins possible.

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